Les bienfaits de l’activité physique durant la grossesse

By 23 août 2017Publications
AVANT PROPOS
On entend de plus en plus parler de l’importance pour la femme enceinte de rester active durant la grossesse. Heureusement, nous sommes loin de l’ère où l’on prescrivait le repos forcé aux femmes dès l’annonce de la nouvelle.
La femme attendant un bébé sait maintenant qu’elle aurait avantage à faire de l’exercice durant cette période, mais les raisons pourquoi elle devrait le faire restent floues, voir totalement inconnues pour plusieurs. On le sait tous, lorsqu’on ne connait pas la raison du pourquoi on devrait faire quelque chose, on a tendance à le mettre de côté… Un peu comme les exercices de flexibilité pour plusieurs d’entre nous!
Ainsi, nous vous avons préparé cette petite revue de littérature afin de vous éclaircir sur les nombreux bienfaits à être active avant, pendant et après la grossesse, et ce autant pour la mère, le fœtus et le bébé.

 

BIENFAITS POUR LA MÈRE
On dit que 85% des femmes rencontrent des barrières à pratiquer l’activité physique durant leur grossesse et que pour presque le 2/3 d’entre elles, ces limitations seraient reliées à la santé (Evenson et al., 2009). Le manque de temps est donc rarement la cause principale de la diminution ou de l’arrêt du mode de vie actif de la femme enceinte. Il serait surtout question de limitations dues à des symptômes physiques, physiologiques et psychologiques.
En effet, plusieurs femmes rencontreront toutes sortes d’inconforts physiques à différentes périodes durant leur grossesse et il est important de se rappeler que la pratique d’activité physique peut aider à réduire un grand nombre de ces inconvénients. Cela aidera notamment à diminuer les douleurs articulaires, les maux de dos, maux de tête, sensation de souffle court, de gonflement, et surtout à diminuer la fatigue dans votre quotidien (Cramp et Bray, 2009; Wallace et al., 1986). Dans le premier trimestre spécialement, le fait de pratiquer de l’activité physique de façon régulière peut aussi atténuer les nausées (Rahl, 2010). Rester active aide également à diminuer les chances de développer d’autres types de complications qui peuvent survenir, tels le diabète gestationnel et la prééclampsie (hypertension gestationnelle) (Hegaard et al., 2007; Wadsworth, 2007). Ceci pèse pour beaucoup dans la balance quand on sait que jusqu’à 26% des grossesses s’accompagnent du diabète gestationnel et que celui-ci augmente les risques pour la mère de développer une prééclampsie et d’accoucher par césarienne, puis pour l’enfant de souffrir d’hypoglycémie et de détresse respiratoire à la naissance (Canada.ca, 2016).
Il peut également être intéressant de savoir que de pratiquer de l’activité physique durant la grossesse aide grandement à gérer le poids de la mère durant cette période (Obstetricians et Gynecologists, 2015). En effet, il semble que « l’inactivité, particulièrement au début de la  grossesse, serait associée avec davantage de rétention de poids deux mois après l’accouchement » (Watson et McDonald, 2007). De plus, alors que certaines femmes peuvent ressentir des symptômes dépressifs durant la grossesse, l’activité physique aidera à diminuer la dépression et l’anxiété pouvant être rencontrées (Poudevigne et O’Connor, 2006), ainsi qu’augmenter le sentiment de bien-être (Obstetricians et Gynecologists, 2015) et d’estime de soi (Wallace et al., 1986). Et ça, ça fait du bien!

 

BIENFAITS POUR LE BÉBÉ
Quand est-il du petit? La plupart des femmes s’assureront de maintenir une alimentation des plus saines durant leur grossesse dans le but d’offrir santé et bon développement à leur bébé; on mange de façon équilibrée, on ne boit plus d’alcool, etc. Ce sont souvent les premiers gestes qui viennent de soi et qui nous semblent évidents, mais il est bon de savoir que le fait d’être active avant et pendant votre grossesse aura également plusieurs impacts positifs sur la santé de votre bébé. En effet, les femmes qui s’entraînent de façon régulière ont moins de chance de donner naissance à un bébé de poids trop faible (Rahl, 2010) ou trop élevé (macrosomie) (Wadsworth, 2007), et moins de chance d’avoir un accouchement prématuré. Sur ce point, il a été observé lors d’une étude réalisée auprès de 197 femmes qui faisaient 190 minutes d’activité par jour de type marche ou travaux domestiques au quatrième mois de leur grossesse qu’aucun bébé n’était né prématurément (Watson et McDonald, 2007).
 QUOI FAIRE, QUAND ET COMMENT?
Évidemment, il est important au début de la grossesse de s’assurer d’avoir l’accord de son médecin lors de votre première rencontre pour pratiquer toute activité physique qui sort de vos habitudes d’entraînement. Du moment que le OK du médecin est donné, toute femme sans complication au niveau de sa grossesse devrait être encouragée à s’engager dans des activités cardiovasculaires et des entraînements en résistance durant et après cette période (Obstetricians et Gynecologists, 2015).
À partir de ce moment, il faudra porter une attention particulière à adapter l’entraînement selon la condition physique de la mère avant le début de la grossesse. Il faut donc tenir compte des antécédents en entraînement et habitudes actuelles, après quoi il faudra ajuster pour chaque trimestre, alors que le corps de la femme subit des changements constants à travers les différents stades de la grossesse.
Quoi faire? On sait maintenant qu’on doit bouger, mais on ne voudrait surtout pas créer de complications sans le savoir. Évidemment on cherche à bien faire et heureusement, « les bénéfices à pratiquer de l’activité physique de façon régulière durant la grossesse l’emportent sur les risques » (Rahl, 2010). Ainsi, pour savoir de quelle façon diriger vos entraînements, n’hésitez pas à demander conseil aux professionnels de la santé. Le kinésiologue pourra vous guider à travers le processus en vous aidant à déterminer les exercices à préconiser ou à éviter selon les différents stades de votre grossesse, selon vos antécédents et selon vos besoins à vous. Le but est de s’assurer que votre entraînement soit sécuritaire et adapté à chacune. Train smart!

 

 RÉFÉRENCES
Cramp, A.G. et Bray, S.R. (2009). A prospective examination of exercise and barrier self-efficacy to engage in leisure-time physical activity during pregnancy. [Article]. Annals of Behavioral Medicine, 37(3), 325-334.
Evenson, K.R., Moos, M.K., Carrier, K. et Siega-Riz, A.M. (2009). Perceived barriers to physical activity among pregnant women. [Article]. Maternal and Child Health Journal, 13(3), 364-375.
Gouvernement du Canada (7 septembre 2016) Le diabète gestationnel, un problème de santé invisible chez la mère et l’enfant. Institut de recherche en santé du Canada (http://www.cihr-irsc.gc.ca/f/49943.html)
Hegaard, H.K., Pedersen, B.K., Nielsen, B.B. et Damm, P. (2007). Leisure time physical activity during pregnancy and impact on gestational diabetes mellitus, pre-eclampsia, preterm delivery and birth weight: A review. [Review]. Acta Obstetricia et Gynecologica Scandinavica, 86(11), 1290-1296.
Obstetricians, A.C.o. et Gynecologists. (2015). Physical activity and exercise during pregnancy and the postpartum period. Committee Opinion No. 650. Obstet Gynecol, 126(650), e135-e142.
Poudevigne, M.S. et O’Connor, P.J. (2006). A review of physical activity patterns in pregnant women and their relationship to psychological health. [Review]. Sports Medicine, 36(1), 19-38.
Rahl, R. (2010). Physical activity and health guidelines. Recommendations for various ages, fitness levels, and conditions from, 57.
Wadsworth, P. (2007). The Benefits of Exercise in Pregnancy. The Journal for Nurse Practitioners, 3(5), 333-339.
Wallace, A.M., Boyer, D.B., Dan, A. et Holm, K. (1986). Aerobic exercise, maternal self-esteem, and physical discomforts during pregnancy. [Article]. Journal of Nurse-Midwifery, 31(6), 255-262.
Watson, P.E. et McDonald, B.W. (2007). Activity levels in pregnant New Zealand women: Relationship with socioeconomic factors, well-being, anthropometric measures, and birth outcome. [Article]. Applied Physiology, Nutrition and Metabolism, 32(4), 733-742.
FANIE ST-JEAN MIRON
KINÉSIOLOGUE @KINACTIF
Expériences Académiques
  • Bac. Kinésiologie
  • M. Sc. (c) Kinanthropologie – Physiologie de la performance
Expériences Sportives
  • Équitation (classique et western)
  • Course à pied et à obstacles

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